Castor Européen
Auteur : Marc Linares
Fiche identité Castor fiber
Famille : Rongeur, Castoridés
Poids : 20-30 kg (à l’âge adulte )
Taille : 80-90cm de longueur.
Durée de vie : 8 ans (moyenne dans le milieu naturel)

Habitat

Fleuves, rivières, ruisseaux, plans d’eau.
La « hutte » ou plutôt le « gîte » des castors varie en fonction des berges.
Par chez nous au bord de la Durance mais aussi de ses affluents, les gîtes sont accessibles sous l’eau par un court boyau oblique qui débouche dans une chambre hors d’eau.
Cette chambre tapissée de copeaux de bois secs, est surmontée d’une cheminée d’aération.
Cette hutte ou « terrier hutte » est colmatée par de la boue, des feuilles ramassées aux abords et permet de cimenter et de protéger efficacement son logement des prédateurs mais aussi du froid hivernal.
Une litière impeccablement sèche, même en passant sous l’eau ?
Le castor introduit par le puits d’accès à la chambre un rondin de bois dont il va aussitôt débiter l’intérieur en copeaux.
La litière est ainsi sèche et douillette.
Logement bioclimatique
Une étude a prouvé que lorsqu’il gèle
à -36°C à l’extérieur, la température de la chambre
est encore à + 2°C.
Alimentation
Exclusivement végétarienne, écorces, bois surtout les saules et peupliers.

Reproduction
L’accouplement a lieu en général en février, les naissances en mai après 110 jours de gestation pour une portée moyenne de deux jeunes.

Mode de vie
Le castor s’éloigne peu de l’eau (30m en moyenne). Monogame, le couple vit en famille avec les jeunes de l’année et ceux de l’année précédente.
Son territoire est en moyenne de 2 km de rive en fonction de la richesse en nourriture du milieu.
Ses prédateurs en France sont peu nombreux : chiens, loups.
Empreintes et traces


Ne pas me confondre avec … le ragondin
Lorsqu’il navigue à la surface de l’eau, le castor peut être confondu avec un autre rongeur présent dans nos rivières : le ragondin.
Néanmoins ce dernier possède une queue
« ronde » comme celle d’un gros rat.

De plus dans l’eau l’ensemble du dos apparaît chez le ragondin, contrairement au castor qui utilise sa queue comme moyen supplémentaire de propulsion.


Menaces
En France la destruction des castors par l’homme dura jusqu’au début du 20ème siècle. Ses prédateurs sont essentiellement chiens et loups et il est parfois soumis à la concurrence des activités humaines. Des possibilités d’installation de protection peuvent être mises en place.
Statut juridique / Mesures de protection
Devant sa raréfaction il fut protégé dès 1909 dans les Bouches du Rhône, le Gard
et le Vaucluse. Après plusieurs dizaines d’opérations de réintroduction le castor fut strictement protégé au niveau national depuis 1981
Rapport avec l’humain
La présence à proximité des rivières et cours d’eau de plantations de
pommiers ou d’autres espèces, nécessite une protection efficace des troncs à
portée de dents de notre bûcheron. Tout d’abord, en éloignant d’au moins
30m ces plantations trop proches de la rive. Ensuite, en les entourant d’un
grillage protecteur et enfin, en évitant de lier entre eux ces arbres qui ne
peuvent être « utilisés » ou transportés par notre rongeur. En effet ne
pouvant effectuer cette tâche, il poursuivra ses coupes sur les autres arbres
bien alignés et proches les uns des autres.
Nos collègues pêcheurs se plaignent parfois de leur présence bien visible
avec la création de barrages réduisant l’alevinage qu’ils ont effectué.
Castors, poissons et autres espèces ont, depuis des millions d’années, vécu
ensemble en tirant parti du milieu créé par le castor. Pourquoi en serait-il
autrement de nos jours ? Une espèce doit-elle se justifier d’exister ?
Les barrages
Sur la Durance et ses affluents, de nombreux barrages réalisés par l’homme
comme celui de l’Escale la canalisent, réduisent ses crues, créent des
écosystèmes favorables à la vie. Ces barrages d’origine récente ont été
réalisés dans les années 60 pour alimenter nos villes et villages en
électricité. Le castor lui, depuis plus de 6 millions d’années aménage nos
rivières et cours d’eau par la réalisation de barrages successifs si le milieu
s’y prête.
Pour lui pas d’électricité produite mais un aménagement qui lui permet le
transport de branches, de troncs en toute sécurité et facilité. De plus ces
barrages réduisent eux aussi les crues et permettent une stagnation et
infiltration de l’eau dans le sol telle une éponge. Cette éponge, rendra cette
eau par la suite tout en favorisant l’installation de nouvelles espèces
végétales et animales. En cas de feu, cet écosystème ralentira le feu tout en
accordant un abri bien utile aux espèces animales.
« Le castor est un architecte des fluides, un chef d’orchestre des rivières qui
débloque et oriente les chants de l’eau ». Baptiste Morizot dans son dernier
livre « Rendre l’eau à la terre ».